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Ça bouge !

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Les béquilles verbales ça vous parle ?

– Parlez-moi de vous…

– En fait je travaillais sur Paris. À la base je suis graphiste mais en fait j’ai suivi une formation en marketing ; du coup, en arrivant sur Toulouse j’ai cherché une activité genre dans la communication. Très sincèrement j’aurais aimé orienter ma carrière, entre guillemets, un peu vers le management d’équipe. Pour le coup, au niveau de la rémunération, je me porterai mieux, c’est clair. Je sais, c’est énorme mais je me sens prête. Très sincèrement, j’ai envie de dire, j’ai les compétences juste utiles pour ça, et une vraie détermination. Donc voilà.

– Merci, nous ne manquerons pas de vous tenir informée.

Pour l’avoir personnellement vécu, je peux affirmer que ces façons de s’exprimer au cours d’un entretien de recrutement existent bel et bien. Aujourd’hui, les médias, les canaux de communication en tout genre nous inondent d’expressions toutes faites et de lieux communs qui réduisent notre langue. Ils servent aussi à masquer notre embarras ou à gagner du temps, ils nous laissent l’impression d’appartenir à un groupe social, une tribu soi-disant moderne. Pourtant ils ne font qu’amenuiser nos propos. Ah ! notre chère langue française, riche et complète, reste pourtant l’un des meilleurs moyens de valoriser notre culture et d’affirmer notre identité…

Vous rendez-vous compte que pour celui qui vous écoute, c’est à se désespérer ? Ce langage banal et maigre, composé d’expressions uniformes et de poncifs qui s’insinuent dans nos conversations quotidiennes trahissent surtout un défaut d’assurance et peuvent même laisser supposer un manque de personnalité.

Amusons-nous : faites le test !
Saurez-vous retrouver dans le dialogue que j’ai retranscrit tous les tics de langage et les béquilles verbales qui en font la saveur ? Si vous en dénombrez 17, c’est gagné.

Un entretien d’embauche c’est tellement important. Démontrer à votre interlocuteur que vous êtes à l’aise avec notre langue c’est démontrer que vous êtes à l’aise tout court. C’est, pour moi en tout cas, une façon de se démarquer et de prendre avantage sur vos compétiteurs. Donc voilà. N’est-ce pas une conclusion idéale, pour clore (et non pas clôturer) ce « modeste » billet de l’auteur ?

Bernard Azé