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Retour sur une soirée au sommet avec Sophie Lavaud

Près de 300 personnes se sont retrouvées mardi 10 mars 2026, pour une soirée exceptionnelle autour de l’alpiniste himalayiste Sophie Lavaud, invitée par notre association, au cinéma Pathé Wilson de Toulouse.

L’événement s’est articulé autour du documentaire multiprimé Le Dernier Sommet, réalisé par François Damilano, qui raconte l’ascension, en 2023, du redoutable Nanga Parbat, montagne culminant à 8126 mètres au-dessus des terres désertiques du nord Pakistan. La dernière montagne des 14 sommets de 8000 mètres auxquels se confronte l’alpiniste Sophie Lavaud, âgée alors de 55 ans.

Un parcours hors norme

Première Franco-Suisse-Canadienne à avoir réussi cet exploit, « la lady 8000 » n’a pas grandi avec « un piolet dans la main ». Ancienne responsable commerciale et marketing dans l’hôtellerie puis dans les cosmétiques, elle a commencé l’alpinisme à la trentaine. Au mitan de sa vie, elle ferme son entreprise pour se consacrer à cette course aux sommets. « Je suis une femme normale qui a réussi un projet pas normal », confie-t-elle avec simplicité.

Derrière ce parcours hors norme, cette femme modeste et tenace, rappelle qu’elle ne cherchait pas la performance ou le record. « Je ne l’ai pas fait dans l’esprit de devenir la première à gravir ces 14 sommets. J’ai une passion pour l’alpinisme, j’aime l’univers de l’Himalaya. » Elle découvre que dans l’alpinisme de très haute altitude, le temps s’écoule différemment et impose une progression patiente. « Là-haut, c’est l’éloge du temps long qui prime. »

Mais quant est-il de la dangerosité derrière l’exploit et de l’échec possible ? Car il lui a fallu 22 expéditions pour vaincre ces 14 sommets. Pour Sophie Lavaud, l’important c’est la discipline, l’entrainement, l’endurance. « Un pas après l’autre… Je n’ai jamais été évacuée, j’ai toujours mes dix doigts et mes dix orteils », s’amuse-t-elle. Quant à l’échec, c’est un élément subjectif : « je préfère parler d’obstacles à franchir et tout tenter pour recommencer. »

Au fil de l’échange, Sophie Lavaud a également insisté sur une dimension essentielle de l’alpinisme : le collectif. Contrairement à l’image parfois solitaire de l’aventure, une expédition repose sur une équipe : « Seule dans l’Himalaya, je ne vais nulle part. En équipe tout devient possible. Depuis le guide jusqu’au cuisinier, ce sont tous des membres-clés. »

Oser, persévérer, avancer

L’alpiniste a aussi partagé une conviction forte : les projets les plus ambitieux commencent souvent par un simple pas et par la décision d’oser. « On me dit souvent que j’ai la chance de vivre de ma passion. Ce n’est pas de la chance : j’ose, je tente. ».

Un message inspirant pour les femmes bénéficiaires de l’association, qui œuvrent à retrouver un emploi ou à créer leur activité après 45 ans. « Si vous avez un petit Everest qui mijote en vous, allez-y, osez ! Le risque, c’est d’avoir des regrets. »

Elle a également livré une comparaison marquante entre la montagne et le monde professionnel : « La très haute altitude, c’est comme la hiérarchie dans les entreprises : plus on monte, moins il y a de femmes. » Une réflexion qui fait écho aux défis que rencontrent encore aujourd’hui de nombreuses femmes dans leur parcours professionnel.

Une nouvelle aventure au service de la science

Après avoir bouclé le chapitre des 14 sommets de plus de 8 000 mètres, désormais raconté dans un film et un livre, Sophie Lavaud ouvre aujourd’hui une nouvelle page. Elle s’implique dans un projet scientifique international visant à collecter de l’ADN environnemental sur plusieurs glaciers emblématiques à travers le monde afin de contribuer à la recherche sur la biodiversité des glaciers. Une autre manière de continuer à aller très haut… au service de la connaissance et de la planète.

Merci !

Action Femmes Grand Sud adresse ses plus sincères remerciements :
– à Sophie Lavaud pour ce témoignage inspirant,
– à la journaliste de la Tribune Dimanche et marraine de notre association, Sophie Iborra,
– à nos partenaires : le CPA France, ND Conseil et le Club Alpin Français Toulouse.
– aux bénévoles de l’association mobilisés pour préparer et accueillir cet événement.

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